Le genre humain

NUIT BLANCHE

C’est quand on passe la nuit à se retourner
A n’pas trouver, la bonne position
Toujours bloqué, sur les mêmes pensées
A n’pas trouver la bonne solution
Quand on s’relève pour une tasse de thé
Une tape au chien et une ‘tite roulée
 
Puis on refait du café,
Comme ça pour d’main ce s’ras fait
On croit encore se recoucher
Avant que le jour soit levé
Puis on va promener l’chien
Mais ça n’avancera à rien
On comprend désolé
Que la nuit blanche va durer

Oh, quelles sont longues
Ces nuits à cogiter comme un con
A prendre une décision entre deux tasses de café
En s’disant qu’on dormira mieux après
Oh, quelles sont longues
Ces nuits à cogiter comme un con
A prendre une décision entre deux tasses de café
En s’disant qu’on dormira mieux après

Deuxième cafetière et pas plus avancé
L’paquet d’tabac, lui a bien diminué
C’qu’on a dans le crâne, il faudrait bien que ça s’envole
Car les mains tremblent et les idées s’affolent
En plus de ça il faut contrôler tes gestes
Pas faire de bruit pour pas déranger ta gonzesse
 
C’est quand sonne le réveil
Qu’on sent revenir le sommeil
Une fois le jour levé
La fatigue apparaît
Et la journée s’ra baisée
Alors on va s’recoucher
Quand les autres vont bosser
 
Oh, quelles sont longues
Ces nuits à cogiter comme un con
A prendre une décision entre deux tasses de café
En s’disant qu’on dormira mieux après
Oh, quelles sont longues
Ces nuits à cogiter comme un con
A prendre une décision entre deux tasses de café
En s’disant qu’on dormira mieux après


GITAN

Un peu d’ailleurs, un peu d’ici
Pas d’itinéraires précis
Selon ton envie
Et les décisions des mairies
Tu trimballes de ville en ville
Ton chargement et ta famille
La caravane au cul
De la « vingt-cinq »
Ponctuel squatteur de terrains vagues
Ecumeur de nationales
Amoureux des départementales
Accros à la digne liberté
A ta culture, à tes amis
Moi j’crois qu’il y en a qui t’envient
Chez les gadjé

On t’appelle le gitan
Même si on ne t’appelle pas souvent
Sur ta tronche imprimée
Pas de lieu de résidence
On t’appelle le gitan
Andalou ou Catalan
Peu importe t’es un gitan
Tu voles des poules, tu les fais chier

Tu connais les préjugés
Des sédentaires, t’es habitué
Et même si il y a un peu d’vrai
Bah, ça fait chier
Quand la sueur apparaît
Sur le front du commerçant
Devant ta tronche
De gitan
Puis quand tu relativises
Tu te dis que ces cons
Ce n’est pas tout l’monde
Une bonne majorité c’est sûr
Mais quand même
Y’a pas qu’des nazes chez l’paysan
Pas qu’des voleurs chez les gitans
Mais beaucoup d’cons chez les humains
Là je ne t’apprends rien 

On t’appelle le gitan
Même si on ne t’appelle pas souvent
Sur ta tronche imprimée
Pas de lieu de résidence
On t’appelle le gitan
Andalou ou Catalan
Peu importe t’es un gitan
Tu voles des poules, tu les fais chier


POST-SCRIPTUM

Salut mon ange, est-ce que ça va ?
Est-ce que tu lis mon courrier ?
Car moi, je n’reçois jamais rien
Pis je n’ai pas la télé, est-ce que la poste fait grève ?
Comme un con, toute seule j’t’ai laissée
Je n’y avais pas pensé
J’ai plein d’regrets, puis j’suis tout flippé
J’ai bien trop d’temps pour cogiter 

Si t’as l’temps écris-moi
Rien qu’un p’tit mot, ça m’fera du bien
Ici tu sais, c’est pas très gai
J’ai qu’des remords pour m’emmerder
J’espère te revoir
Lundi au parloir

Les questions ça fusent, j’me ronge les sangs
Est-ce que tu s’ras là dans deux ans ?
M’auras tu oublié avant ?
M’auras tu remplacé pendant ?
T’sais en sortant, j’ai plein d’projets
Et des projets autorisés
Du genre un travail, bien payé
Pour t’emmener dans les beaux quartiers

Si t’as l’temps écris-moi
Rien qu’un p’tit mot, ça m’fera du bien
Ici tu sais, c’est pas très gai
J’ai qu’des remords pour m’emmerder
J’espère te revoir
Lundi au parloir

Une maison équipée, une porte et un toit
Y’aura même un jardin
Tu sais l’isolement, ça m’a bien changé
Je prends mon temps pour cogiter
Allez, salut mon ange, j’te récrirais demain
Et je t’en prie pense à moi
Post-scriptum, si tu croises ma mère
Dis-lui qu’j’suis en voyage d’affaire 

Puis si t’as l’temps écris-moi
Rien qu’un p’tit mot, ça m’fera du bien
Ici tu sais, c’est pas très gai
J’ai qu’des remords pour m’emmerder
J’espère te revoir
Lundi au parloir


SON BANC

Les ignorants l’a traitaient de folle,
Mais elle avait le temps de l’être
De son angle de rue
Elle regardait passer paris
Quand les passants
Étaient absents
Elle parlait à son banc,
Elle l’engueulait de temps en temps 

Quelle histoire a-t-elle eu,
Quelqu’un l’a-t-il déjà su… 

La dernière fois que je l’ai vue
‘l’avait l’air encore plus perdue
En m’éloignant je l’entendis
Qui gueulait d’sur son banc :

-« changez d’trottoir fous passants
N’approchez pas d’mon banc
Ou alors juste un instant
Le temps d’parler un moment » 

A-t-elle perdue la raison,
L’a-t-elle perdue sans raisons
Mais tous les jours elle était là,
Et parlait à mon chien
Puis s’en éloignait soudain
Se rappelant d’ses allergies
Puis me faisait voir ses mollets 

Comme quoi les chiens
La faisait gonfler
Comme quoi les chiens
L’avaient gonflée

Elle attendait patiemment
Un peu d’soleil sur son banc
Sans trop y croire vraiment 

Puis elle est morte un matin
Aujourd’hui encore je m’en souviens
Tranquillement sur son banc
Elle était là, gisante 

Combien sont-ils, dans les rues ?
Un peu perdus


L’OEIL VITREUX

J’vois bien que t’as l’œil vitreux
Bah, qu’est-ce tu veux
Avec la vie qu’tu mènes
‘Peuvent pas rester longtemps
Viens donc bouffer à la maison
Tu m’raconteras tes problèmes
Pis j’ai deux, trois restes qui traînent
Promis, je ne sortirais pas d’conneries
Du genre une de perdue,
Dix de retrouvées
Promis j’me retiendrais
J’essaierais quand même de temps en temps
D’t’arracher un sourire
Tu t’forceras pour m’faire plaisir

C’est quand tu veux, tu passes nous voir
Mais appelles, quand même ; des fois qu’on s’rait pas là
J’aime pas t’voir ruminer comme ça, dans ton coin
J’préfère encore qu’tu l’fasses chez moi
J’peux pas t’voir ruminer comme ça, vieux frangin
T’sais qu’les copains c’est là pour ça ! 

Et si tu veux vendredi
On ira au concert
Ça te changeras d’ta routine
T’iras mollo sur la bolée
Tu sais qu’en fin d’soirée
Ça ne t’égaye pas les idées
Tu m’dis qu’toi tout t’emmerde
Que t’as plus goût a rien
Que rien que de te lever, t’es fatigué
Bah, reste couché
Faudrait pas en plus te surmener
Contentes-toi d’en profiter
C’est l’occase pour prendre un clébard

C’est quand tu veux, tu passes nous voir,
Mais appelles, quand même ; des fois qu’on s’rait pas là
J’aime pas t’voir ruminer comme ça, dans ton coin
J’préfère encore qu’tu l’fasses chez moi
J’peux pas t’voir ruminer comme ça, vieux frangin
T’sais qu’les copains sont là pour ça


AU BISTROT DE LA MAREE BASSE

Au bistrot d’la marée basse
La patronne est une vraie barrique
Impossible de la saouler
Tient la marée la Margueritte
C’est pas la vache à Fernandel
Quoi qu’dans son regard y’a du bovin
Mais ses clients eux la trouvent belle
Surtout passés deux litres de vins

Dans son troquet sur les murs
Une vieille réclame pour la Suze
Des articles de journaux déchirés
Quelques trophées sur la cheminée
Dans son troquet sur les murs,
Un poster du club stéphanois
D’la grande époque ça va de soi
Ou l’argent ne faisait pas l’championnat

Dans son troquet, on boit du vin
Les autres alcools on s’en fout bien
Pour un euro, t’as du jaja

Ce n’est pas l’endroit le mieux famé
C’est sûr qu’il y a mieux dans l’quartier
Mais c’est dans les mauvais trocsons
Que j’trouve le plus d’inspiration
Y’a qu’à regarder qui traînent au bar
Pour écrire une nouvelle chanson
Y’a qu’à écouter leurs histoires
Pour débiter deux, trois couplets

Puis chez la grosse Margueritte
Y’a comme qui dirait d’la tendresse
Même de l’amour, d’la complaisance
Un peu d’ennui parfois aussi
Puis chez la grosse Margueritte
Y’a quelque chose que tu n’trouves pas ailleurs,
Le chemin le plus court
Pour atteindre le bonheur :
-« y’a du jaja à un euro, y’a du jaja à un euro !!! » 

Dans son troquet, on boit du vin
Les autres alcools on s’en fout bien
Pour un euro, t’as du jaja


COMME UNE ODEUR

Décembre 2009
Réunion de tâches à Copenhague
Une semaine pour décider
A quels saints ils vont te vouer
Remplis de bonnes intentions
Pour assumer notre opinion
De l'autre côté, bah, c'est la crise
Ça sert les dents, y'a du mouvement
Faudra faire gaffe à pas s'planter
Faudra faire gaffe à pas s'mouiller

Contentons-nous de promesses
Pas trop d'papier à ratifier
On verra bien où ça nous mènera
Puis p't'être même qu'on en verra rien

Premier visé, bah, c'est l'Afrique
Les paysans de Louga, de Fatick
La pluie s'abat, les champs s'inondent
Mais pas d'affolements pour les grands de ce monde
Bien trop d'enjeux économiques
On continue notre immonde politique

Bien trop d'enjeux économiques
On continue notre immonde politique
Y'a comme une odeur
De mort dans l'air

Contentez-vous de promesses
Y'aura pas d'papiers à ratifier
On verra bien où ça nous mènera
Nous de toute façon on s'en lave les mains

Décembre 2020
Rien n’a été fait, rien n'est maîtrisé
Si ce n'est l'air climatisé
Dans les bureaux de l'Elysée
Mais on parle toujours d'effort à fournir
Et en 2030 promis, ça va sourire

Saloperies de chefs d'Etats
Moi j'aimerais bien vous voir
Crever comme des rats
La gueule écrasée, éclatée
Sous plusieurs tonnes de glaciers


VENDREDI DERNIER

Au milieu de tes fleurs
Allongée tranquillement
Le maquillage recouvrant
Les bleus de ton âme sœur
 
Toute la famille en pleurs
Devant ton cercueil
Mais pourquoi mais comment
N’ont-ils rien vu avant 

Tout était bien partit
Le jour ou t’as dit oui
Tu aimais ton mari
Et lui t’aimait aussi
Puis les années passant
Et puis l’alcool aidant
Ton mari a changé
Il est devenu mauvais
 
A chaque fois qu’il frappait
Tu culpabilisais
A chaque fois qu’il buvait
Tu allais te planquer
 
Quand tu sortais dehors
Tu cachais la misère
Tu ignorais qu’un jour
Il cognerait trop fort

Mais vendredi dernier
La cuite appuyée
Ton homme complètement défait
T’as cognée comme jamais
Allongée sur le sol
Tu sens la vie qui s’en va
Cette histoire un peu folle
N’est pas isolée crois moi

Au milieu de tes fleurs
Allongée tranquillement
Le maquillage recouvrant
Les bleus de ton âme sœur
 
Toute la famille en pleurs
Devant ton cercueil
Mais pourquoi mais comment
N’ont-ils rien vu avant 

Tout était bien partit
Le jour ou t’as dit oui
Tu aimais ton mari
Et lui t’aimait aussi
Puis les années passant
Et puis l’alcool aidant
Ton mari a changé
Il est devenu mauvais

Allongée sur le sol
Tu sens la vie qui s’en va
Cette histoire un peu folle
N’est pas isolée crois moi


BOTTLE OF WHISKY

My husband is a layabout
He likes only the whisky
And he (it) abandons me
‘cause I’m not some alcohol
I would so much like to look like
Has a bottle of whisky
As she (it), he would love me
As she (it), he would drip me

Then to please him her
I drink some whisky in the saloon
Then to please him her
I drink some whisky in the saloon 

As she (it), he would love me
As she (it), he would drip me
As she (it), he would throw me
As she (it), he would break me
Finally, I would be
That a bottle of whisky
Finally, I would be
That a bottle of whisky

Then to please him her
I drink some whisky in the saloon
Then to please him her
I drink some whisky in the saloon
I drink some whisky in the saloon…


GENERAL DU POMMEAU

Il y passe tous ses dimanches
Le nez plus rouge que son pinard
S’essuyant la bouche de la manche
Quand ça dégouline sur le falzar
Le ticket de jeu puis le crayon
L’journal ouvert sur les pronos
C’est pour lui une vraie religion
Il espère bien avoir du fion 

Ce week-end, c’est Vincennes là ça paye
Ca fait bien deux semaines qu’il s’attèle
A engranger les bons tuyaux
A dégoter le bon numéro
Malgré trente ans qu’il perd du blé
C’est con mais il y croit encore
Même si ça femme lui dit d’arrêter
Il est sûr qu’cette fois ce s’ra la bonne

Au PMU
Les nez violacés
Au PMU
Servent à flairer le bon tiercé
Ils y vont tous jouer leur retraite
En espérant un peu de changement
Ils y ont tous le même héros
Général du Pommeau !

Puis s’il venait à gagner
Sa femme qui lui dit d’arrêter
Bah elle serait bien dégoûtée
Car elle serait vite éjectée
Il embaucherait sans doute quelqu’un
Pour lui préparer son souper
Puis lui tenir bien sa maison
Tout ça sans poser de questions

Et puis pour lui faire son affaire
Il ferait marcher le petit commerce
En allant voir comme disait l’autre
Les p’tites femmes de Pigalle
C’gars-là, il est tellement brelot
Que même si il gagnait des millions
Sa vie resterait sans intérêts
L’argent ne le rendra pas moins con
 
Au PMU
Les nez violacés
Au PMU
Servent à flairer le bon tiercé
Ils y vont tous jouer leur retraite
En espérant un peu de changement
Ils y ont tous le même héros
Général du Pommeau !


LE BRAS POURRI

Tu disais toujours, j’veux pas mourir con
J’voudrais tout connaître
Tous les plaisirs, toutes les fêtes
Avant d’partir me secouer la tête
Tu vivais toujours dans tes rêves
Ils étaient souvent artificiels
Tu prenais dieu dans tes veines
Malgré ça t’étais à la traîne
 
Malgré, à cause, qu’est-ce que j’en sais
Moi je n’ai jamais touché à tes rêves
J’me suis arrêté avant qu’ça craigne
Avant qu’mes dents quittent mon palet
J’te voyais partir sans rien dire
Et quand j’l’ouvrais tu t’en foutais
T’étais déjà bien mal barré
Tu voulais trouver le parfait 

A trop chercher tu t’es pommé
T’as oublié, ceux qui t’aimaient
Ceux qui t’ont dit : -«  fais gaffe quand même,
Tu sais qu’par-là y’a ceux qui craignent »
Tous ceux qui transpirent la colle
Qui t’ont traîné dans leur école
Qui t’y ont laissé un soir de mai
Le bras pourri les yeux rincés 

Aujourd’hui je regarde ta mère pleurer
J’sais pas d’trop comment la consoler
Lui dire peut-être qu’elle y est pour rien
Et que comme elle j’ai du chagrin
J’en vois une volée de comme toi
Qui consomment pour se marrer
A chaque fois, ça m’fait flipper
Dans chacun d’eux j’vois un peu d’toi 

Tu disais toujours, j’veux pas mourir con
J’voudrais tout connaître
Tous les plaisirs, toutes les fêtes
Avant d’partir me secouer la tête
Tu vivais toujours dans tes rêves
Ils étaient souvent artificiels
Tu prenais dieu dans tes veines
Malgré ça t’été à la traîne
A cause de ça t’étais à la peine
A cause de ça t’étais à la peine